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Un matin frais et brumeux
Sur un quai le long d’une gare
Je l’attendais fébrilement
Lorsqu’elle apparut au loin
Emergeant de la brume
Je sus que c’était elle
Comme dans un rêve
Nous nous reconnûmes
Elle m’emmena dans un parc
Nous nous assîmes sur un banc
Au milieu des feuilles mortes
Sans dire le moindre mot
Le temps semblait avoir gelé
Comme dans un rêve
Perdu au milieu de nulle part
Je succombai presque aussitôt
La main glissée dans ses cheveux
Elle m’offrit un sourire magnifique
Mon cœur fut soulevé jusqu'aux yeux
Dès lors je ne pensais plus à rien
Comme dans un rêve
Je me penchai vers elle
Elle vint à ma rencontre
Nos lèvres se croisèrent
Irrésistiblement happé contre elle
Les doigts noyés dans sa chevelure
Le paysage disparut peu à peu
Comme dans un rêve
Puis nous partîmes nous promener
Son bras glissait le long du mien
Jusqu’à s’en défaire complètement
Je voulus m’agripper à elle, en vain
Je ne pus parvenir à l’atteindre
Mes mains passaient à travers
Comme dans un rêve
Sans jamais pouvoir la toucher
Lentement, elle se mit à disparaître
A l’instar de la brume se dissipant
Ne restaient que volutes de fumée
S’évaporant au soleil de midi
Me laissant seul et désemparé
Comme au sortir d’un rêve
L’odeur de sa peau fraîche
Ses yeux rieurs face aux miens
Sa voix suave chantant "je t’aime"
J’y resonge sans cesse
Hanté par ces souvenirs
Ephémère paradis perdu
Ai-je donc rêvé ?